Edifié sur le Coran, un livre sacré,
l'Islam n'est pas seulement une religion, c'est aussi une civilisation. Il est apparu au VII siécle et s'est diffusé en quelques décennies dans un vaste espace geographique. L'islam a aussi hérité dés son origine des plus grandes connaissances de son temps. Nécessairement formé à la lecture par l'école Corannique, le jeune musulman est incité à poursuivre des études plus poussées au sein des madrasas. Les peuples arabes, berbéres, ceux du croissant furtile, des rives de l'Inde, de la mer rouge, du sud de la Méditerranée ont ainsi rapidement acquis un niveau de connaissance scientifique élevé. En dehors de l'architecture, du droit, des courants de la pensée philosophique, des arts, de la littérature ( contes et poésies ) et de la musique, c'est dans le domaine des sciences que l'islam s'impose et laisse l'héritage le plus considérable.
Les savants musulmans ont été à la fois les traducteurs, les conservateurs des traditions hellénistes, romaines, perses, indiennes et les créateurs de la science moderne. Ils sont à l'origine des sciences de la Terre et de la vie, promoteurs de l'opique et de la médecine. Celle-ci a d'ailleurs laissé au patrimoine philosophique et médical mondial l'un de ses plus grands noms : il s'agit d'Abu ' Ali al-Husayn ibn ' Abd Allah ibn Sina, connu sous le nom occidentalisé d'Avicenne.
Mais c'est finalement en astronomie, cartographie, géographie et dans les mathématiques que les progrés de ces savants seront les plus importants.
L'islam ordonnance tous les moments de la vie, et même une grande partie de ses nécessités matérielles et spirituelles. L'astronomie devient la science musulmane par excellence. Il faut en effet acquérir en tout lieu une exacte mesure du temps quotidien pour les cinq prières de la journée, ainsi qu'une parfaite connaissance de la lune pour la détermination du début et de la fin du ramadan. Il faut aussi savoir s'orienter avec précision pour déterminer la direction de la Mecque " la qibla ".
UN moteur de recherches,
L'astronomie est une nécessité pour ceux qui parcourent le nouveau monde de l'Islam. Elle donne le moyen de se repérer, de se diriger, de se positionner avec les étoiles et les planétes. COmme les Grecs l'avaient fait, les musulmans, les Arabes en particulier, nomment les nouvelles étoiles et constellations qu'ils repérent : Altair , Aldébaran, Alhena, Algol ou Alamak. L'usage du gnonom, l'ancêtre du cadran solaire, est emprunté aux Grecs; celui de l'astrolabe est, lui, perfectionné. Toutefois les savants musulmans ne se contentent pas seulement de l'héritage d'Eratosthène ou de Ptolémée. Ils puisent auprès des écoles astronomiques indiennes, et ils transmettent et améliorent des méthodes inconnues jusque-là. Au Caire, Al-Battani et IBn Yunus observent les planétes et calculent la fameuse Grande Table hakémite, traité complet de d'astronomie. Un peu plus tard, en 1428, Ulub Beg faut construire à proximité de la ville de Samarcande un observatoiremuni d'instruments gigantesques. De Bagdad à la Cordoue, on scrute le ciel pour en percer les secrets. Tout cela aboutit à une meilleure connaissance du ciel, mais aussi de la Terre.
La cartographie est ainsi fille de l'astronomie. La << figure de la terre >>,la surat al-ard, bénéficie des héritages grecs et indiens. Le géographe AL-Khwarizmi en est l'initiateur au milieu du Xe siecle. Il fonde une école dont l'objectif est la représentation détaillée de l'Islam, la mamlakat al-islâm. Il utilise des formes géométriques qui, une fois reliées entre elles, constituent de véritables itinéraires. Cette branche du savoir trouve son aboutissement au VIIe siècle avec le travail d'AL Idrisi. Le geographe donne des représentations de toutes les terres connues et aporte des nouvelles telles que les climats et les vents. PLus de 5 000 noms géographiques apparaissent sur ces cartes qui sont, rappelons-le, à l'origine des tout premiers portulans établis au temps des croisades.
Rien n'est étranger à l'Islam,
Nécesssaires à toutes les autres sciences, les mathématiques connaissent également un développement extraordinaire, dans les branches classiques, ainsi que dans des secteurs nouveaux, comme l'algébre. Celui-ci fut initié par le traité d'AL KHWARIZMI, Abrégé du calcul par la restauration et la comparaison. La numération aussi a bénéficié des apports égyptiens, babyloniens et indiens : ce qui permettra la détermination des << bases >>et, en particulier, du système décimal avec l'usage du zéro. TOut cela appartient au monde musulman qui, par ailleurs, traduit en arabe et diffuse dans tout le bassin méditérranéen les écrits de géométrie grecque. Lorsque Grenade tombe au mains des chrétiens en 1492, l'Europe a acquis une bonne partie des savoirs musulmans au cours des croisades. Elle va posséder toutes les données intellectuelles et scientifiques nécessaires pour la découverte du monde et pour entrer en Renaissance et dans les Temps modernes.
